Le contentieux de la filiation
La contestation de paternité vise à remettre en cause un lien de filiation déjà établi. Il peut s’agir d’une paternité résultant d’une présomption (notamment dans le cadre du mariage) ou d’une reconnaissance volontaire.
L’action peut être engagée par différentes personnes selon les situations :
le père légal ;
la mère ;
l’enfant devenu majeur ou encore ;
celui qui se prétend le véritable père
Le ministère public peut également intervenir lorsque l’ordre public est en cause.
Conditions et preuve
La contestation suppose de démontrer que le lien de filiation ne correspond pas à la réalité biologique. La preuve peut être rapportée par tout moyen. En pratique, l’expertise biologique – communément appelée test ADN – constitue l’élément central.
En droit français, le test génétique ne peut être réalisé que dans le cadre d’une procédure judiciaire et avec l’autorisation du juge. Le refus de s’y soumettre peut être interprété par le tribunal comme un élément d’appréciation.
Prescription et possession d’état
La question des délais est déterminante.
En principe, l’action en contestation de filiation se prescrit par dix ans à compter de l’établissement du lien. Toutefois, la situation diffère selon qu’il existe ou non une possession d’état.
La possession d’état désigne la réalité vécue du lien familial : un parent qui se comporte comme tel, un enfant reconnu et traité comme tel par la famille et la société. Elle se caractérise notamment par une relation affective stable, une prise en charge matérielle et une reconnaissance sociale du lien.
Lorsque la filiation est confortée par une possession d’état conforme et continue pendant au moins cinq ans depuis la naissance ou la reconnaissance, la contestation devient en principe irrecevable.
À l’inverse, en l’absence de possession d’état, l’action demeure ouverte dans le délai légal de dix ans.
La filiation établit le lien juridique entre un parent et un enfant. Elle emporte des conséquences essentielles en matière d’autorité parentale, de nom, de nationalité, de droits successoraux et d’obligations alimentaires.
Lorsqu’un doute existe sur la réalité biologique du lien ou lorsqu’un père souhaite établir officiellement sa paternité, le droit prévoit des actions spécifiques : la contestation de paternité et l’action en reconnaissance ou en établissement de paternité.
La reconnaissance de paternité est un acte volontaire par lequel un homme déclare être le père d’un enfant. Elle peut intervenir avant la naissance, lors de la déclaration de naissance ou ultérieurement. Elle s’effectue devant un officier d’état civil et produit des effets juridiques immédiats.
Lorsque la reconnaissance n’a pas été faite spontanément, il est possible d’engager une action judiciaire en recherche de paternité. Cette action est ouverte à l’enfant, représenté pendant sa minorité par son représentant légal. Elle peut être exercée pendant toute la minorité de l’enfant et dans les dix ans suivant sa majorité.
La procédure judiciaire et l’expertise biologique
L’action en établissement de paternité est portée devant le tribunal judiciaire. Le juge peut ordonner une expertise biologique afin de déterminer l’existence d’un lien génétique. Là encore, le test ADN ne peut être réalisé que dans un cadre strictement judiciaire.
Si la paternité est reconnue judiciairement, le jugement établit la filiation avec toutes ses conséquences : autorité parentale, contribution à l’entretien et à l’éducation, droits successoraux et, le cas échéant, attribution du nom.
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